Et si on ralentissait ?

Les événements qui avaient mené Esperia à la Guerre du Chaos étaient nombreux.
Mais une chose était évidente : une accélération effrénée de tous et de tout était devenue une réalité.

C’était une course au développement de nouvelles technologies qui promettait à quiconque les découvrirait en premier un avantage sans précédent.
C’était une course au profit, à vouloir toujours plus, toujours plus vite.

C’était une époque où attendre n’était plus tolérable. Chaque vide devait être comblé. Chaque instant perdu n’était plus un moment à passer avec soi-même, mais avec ce que la magie avait désormais permis : un divertissement infini.

Les Espers se réjouissaient aveuglément d’avoir atteint un niveau de civilisation incomparable.

Et dans le même temps, la communication entre eux devenait de plus en plus difficile, une liberté exacerbée de l’individu ayant progressivement remplacé une cohésion de groupe pourtant déjà fragile.

Alors que les paillettes brillaient de mille feux grâce à l’essor de la magie, la confiance entre les individus se fissurait d’une manière presque imperceptible au début, mais qui finit par détruire ce bloc fragile et le réduire en poussière.

La confiance et la communication, qui pourtant ont besoin de temps pour s’épanouir.

À l’image de la magie, qui consume en un clin d’œil ce que la planète a mis des millions d’années à créer, doucement mais sûrement.

Et si on ralentissait ?

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